Rien n’a d’importance.
C’est l’histoire d’une absence. Non pas Toi, celle-là j’m'en remettrais peut être bien que…
C’est l’histoire de l’absence originelle.
Je n’ai pas de but.
Si vous connaissez un homme aux 1000 projets, se lançant dans autant de mondes différents, c’est que lui aussi il est paumé. Où du moins à la recherche de ce que tout le monde cherche, la différence étant qu’il vit le manque plus violement.
Je n’ai pas de but.
« Pour naître de ma mère j’n'ai pas entendu l’autre / Je suis ma propre poutre, j’me soutiens seul rien à foutre ». (Oxmo)
Quand ça va bien, la philosophie du paumé tourne autour de ça.
Sa force étant qu’il est libre.
Sa force étant aussi sa limite.
Lorsque les possibles s’étalent devant soi, s’en voir brider à cause de ses limites fait mal. Mais la douleur honteuse de ne pas en arpenter par absence d’envie devrait aussi être plus justement reconnue. Si les mots sont flous, regardez Kill Bill. Les 2. Et voyez le frère de Bill, magistralement joué par Michael Madsen. Dans l’exemple de « celui qui aurait pu être mais en sera jamais » il se tient là. La raison ? Le pourquoi pas.
Rien n’a d’importance.
Souvent les gens parlent de carnaval, de mascarade pour décrire les relations humaines, le faux, le semblant. Ici, on porte on masque certes, mais juste pour être présent. Pour entrer dans le cirque des hommes, il faut avant tout être humain, alors la première étape revient à feindre de l’être, la suivante étant de rester dans son coin. Lorsque l’on est vide, le plus dur n’est pas de savoir « comment réagir pour que » ou « à quoi ça sert ». Ce qui pause problème au final, c’est de si bien comprendre, ou penser comprendre le manège qui tourne sans nous, qu’on se demande où est notre place propre au milieu de tout ça.
Observer c’est bien, participer c’est possible.
Mais se prendre au jeu et ressentir l’étincelle qui fait tourner ce monde? D’où, par extension le fameux « à quoi bon participer » ?
C’est l’histoire d’un monde sans dieux, ou alors là ou certains vivent une évidence, d’autres n’ont que des croyances et des preuves et images que.
C’est décousu dit comme ça. Surtout c’est naïf, ci-gît une nouvelle complainte d’un dépressif… Mais ce qui me frustre, c’est que j’ne pense pas l’être (le déni c’est quel étape déjà ? =).
Le Néant.
De ce néant émerge des idées, des voix disant « il faut se forcer ». Et à ces voix pleines de bonnes volontés, on ne peut qu’opposer une logique froide, de laquelle certains axiomes doivent manquer. Ou bien est-ce là aussi l’incomplétude qui fait qu’on ne pourra jamais le prouver. Quittons les causes 5 minutes, voyons la conséquence : j’me fais chier.
C’est si simple.
C’est si simple que ça semble sans importance. Et au final, tout semble si simple que rien n’a d’importance. Nos noms sont tous écrit dans l’eau, les souffles n’ont pas de signatures.
Je ne colle pas à ce que je devrais être, je n’me reconnais pas dans ce qu’ils me répètent. Mon drame, c’est que j’m'y fais, et que cela ne me gène pas. J’aimerais juste m’sentir vivant, et que ce feu m’fasse avancer. Que dès qu’il faiblisse, je redouble d’effort pour le sauver.
Au lieu de ça je m’en balance, je parle au vent et ne pleure pas.
Ni l’envie de rester froid, ni celle de m’immoler dans l’instant.
J’avance sous la force du pourquoi pas.
Observe le monde.
En m’ennuyant.
Et j’me retrouve à écrire les même textes qui étaient dans ma tête à 14ans…
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